Les ravages de la souffrance au travail

Les ravages de la souffrance au travail

« J’étais une machine », « Il n’y avait plus de limites, on travaillait du moment où on se lève jusqu’au moment où on se couche », « Je courais »… En ouverture du remarquable documentaire d’Elsa Fayner (1), les témoignages se succèdent.

Ceux qui se confient étaient cadre bancaire, assistante sociale, chef cuisinier ou encore éleveur de brebis, mais tous décrivent le même engrenage : un métier devenu dévorant, la détérioration progressive de leurs conditions de travail, le surmenage puis la chute brutale, le « trou noir », le corps qui lâche.

Pour la sociologue du travail ­Danièle Linhart, le « burn-out » n’est pas un simple « épuisement professionnel » que quelques semaines de repos parviendraient à effacer, c’est un véritable « effondrement », « une remise en question si importante de la confiance en soi, de sa valeur personnelle » que l’on est littéralement terrassé.

Les ravages de la souffrance au travail